Nouvelle-Zélande

VanLife

En vous racontant mes péripéties j’ai réalisé que je ne vous avais pas parlé du plus important : mon mode de voyage bien particulier. Il a fait partie intégrante de mon quotidien pendant 10 mois, il est plus que temps de vous présenter mon fidèle “van” !

Je suis arrivée à Auckland, au milieu du printemps austral, en plein boom des achats/reventes de van en vue des roadtrips estivaux. Sur le parking de l’hostel, chacun bricolait, décorait, bichonnait sa monture. J’ai eu l’occasion d’assister à l’aménagement complet de la voiture qu’avait acheté Elodie et même d’y voyager avec elle pendant 1 mois.

Après cette première expérience j’ai eu envie d’avoir ma propre titine ! C’est comme ça que j’ai racheté le van de Thomas (avec qui nous avions voyagé) à la fin du roadtrip. Alors là vous vous imaginez certainement un énorme fourgon comme on voit sur les comptes Instagram hyper stylés. Eh bah non, préparez-vous à découvrir le van du backpacker version voiture break aménagée. Le mien était une Honda Stream de 2000 (un genre de Peugeot 308 SW), déjà aménagée par les propriétaires pré-précédents. Visite guidée !

Les sièges arrières ont été retirés pour ne garder que les deux places avant. Cela a permis l’installation d’un plancher-lit en bois. Dessus le nid douillet composé d’un merveilleux matelas mousse de 10cm d’épaisseur (que j’ai fini par doubler), deux oreillers, deux couettes, un plaid et une bouillotte pour les nuits fraîches, des rideaux polaires occultant et hop le tour est joué ! Sous la structure, se trouve un grand espace de rangements où j’avais mis des boîtes en plastique et sacs contenant mes affaires.

Pour être bien cosy, j’avais personnalisé la déco avec une guirlande lumineuse en tête de lit et un « ciel étoilé » fabriqué avec un foulard trouvé dans un hostel, des épingles et une guirlande LED que m’a laissé Thomas (merciiiii). J’avais aussi des bougies dans des pots en verre que j’ai récupéré et ma petite plante Lucette ♥. Bref, c’est super important de s’approprier l’espace et c’est sûrement grâce à cela que j’y ai finalement vécu 10 mois !

Énorme particularité de ma voiture : une kitchenette à l’arrière du lit dans le coffre. Ce bonus ne me plaisait pas forcément à l’achat mais a finalement été tellement pratique ! Je pouvais y cuisiner avec mon réchaud à gaz tout en étant abrité par la porte du coffre. Deux sacs de courses remplis de provisions étaient rangés sur les côtés, et un grand rangement au milieu pour la vaisselle et les ustensiles de cuisine. J’avais aussi un bidon de réserve d’eau potable, une petite étagère à épices fabriquée par Thomas.

Pour vous dire à quel point j’étais full équipée : j’avais également tout un attirail de camping : une table et des chaises pliantes, et même une tente, des tapis de sol et une douche solaire. Tout ça rangé sous la structure du lit, oui oui. J’avais installé une cordelette dans le coffre pour suspendre torchons (culottes et chaussettes, haha) et une autre corde à linge pour l’extérieur. Voilà typiquement à quoi pouvait ressembler ma maison roulante !

En NZ on différencie les vans en deux catégories : self-contained (SC = autonomes) et non-SC. La certification SC est attribuée aux vans comportant un évier, un système d’eau claire et sale, un toilette chimique et une poubelle. L’objectif premier étant de vivre en autonomie et d’éviter tous les dépôts, déversements et caca sauvages.

Pour trouver où garer son van et dormir, les backpackers utilisent les applications CamperMate ou WikiCamp. La législation interdit le camping sauvage en dehors des espaces autorisés qui comprennent les campings (toilettes, douches, cuisine…), les « terrains vagues » (avec le minimum càd un toilette type chantier) et les emplacements gratuits appelés « freecamp ». L’équipement des différents terrains de campings est variable, pour les plus cheap il n’y aura qu’un toilette type chantier, puis suivant le « confort » on trouvera de l’eau potable, un évier, des douches (froides ou 3min chaudes payantes). Conclusion : j’ai économisé beaucoup d’eau en prenant un minimum de douches très courtes. C’est une jolie manière de dire que l’hygiène c’était « pas toujours ça » car il n’était pas rare de ne pas trouver de douche pendant plusieurs jours en étant dans des endroits reculés.

Le budget étant aussi limité, je bookais un « vrai camping » tous les 3-4 jours pour avoir l’électricité, faire une lessive (à la main ou en machine), recharger ma batterie nomade, avoir le WIFI pour charger des données et films à consulter dans les zones blanches ou en étant hors-ligne.

Et là vous vous demandez certainement si ce n’était pas trop flippant de voyager seule au milieu de nulle part. Alors NON car la NZ est un pays extrêmement safe MAIS bien sûr j’ai entendu quelques histoires glauques qui sont arrivés à des potes rencontrés sur la route. Je n’ai jamais eu de frayeur (bon, j’avais quand-même un couteau à portée de main à côté de mon lit « au cas où »).

La vie en van est une aventure extraordinaire, parfois solitaire quand on décide de voyager seul. Il faut être prêt pour l’introspection ! Je vous ai parlé de mes occupations dans un article précédent. Mais la vie en van est aussi riche en rencontres ! C’est souvent en restant dans les campings sur une durée plus longue qu’on finit par former une bande de pote. Ça a été le cas pour moi quand j’ai travaillé dans l’usine de kiwis à Motueka. J’ai vécu dans le freecamp le plus cool de l’univers ♥ au bord de la mer.

La VanLife a aussi plein d’avantages comme : éviter les dortoirs bondés en hostel. Accéder à des endroits reculés, lointains où on ne peut pas aller à pied et difficilement en stop. Être autonome (Attention à faire des provisions, il n’est pas rare de ne pas trouver de commerces pendant des dizaines voire une centaine de kilomètres dans certaines vallées). Avoir toujours toutes ses affaires avec soi puisqu’on emporte sa maison partout. Vivre en communion avec la nature et au rythme de la lumière du jour, ce qui a été pour moi une révélation absolue. Et bien sûr : la LIBERTÉ absolue !

Bref la VanLife est un mode de vie qui m’a plu énormément et me manque aujourd’hui, à tel point que j’imagine aménager ma Clio3 pour de futurs voyages en France une fois la pandémie passée ! Affaire à suivre… 😉

2 commentaires

  • Emre K.

    Wow quelle aventure. Ce sentiment de liberté indescriptible, on peut réellement le ressentir qu’avec une aventure comme la tienne.

    Tu fais partie de ces rares personnes qui ont vraiment VÉCUE, c’est dans des moment d’introspection comme tu dis, hors de sa zone de confort, de notre quotidien que nous nous testons et vivons.

    Je te souhaite de continuer à vivres des aventures pendant longtemps encore !

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